Approcher le principe du Dao

« Le Dao que l’on peut nommer n’est pas le Dao » Dao De Jing, 1

« L’homme se règle sur la Terre, la Terre se règle sur le Ciel, le Ciel se règle sur le Dao. Le Dao n’a d’autre voie que lui-même. » Dao De Jing, 25

Le Dao, ce concept central de la pensée chinoise, est considéré comme le principe premier qui embrasse toute chose, et engendre tous les phénomènes. Vivre en accord avec le Dao, c’est vivre en accord avec les lois universelles. On peut traduire ce terme par « l’Origine de Tout », mais aussi la Voie, le Chemin, la Direction.

Les Anciens Chinois ayant compris l’impossibilité de le nommer, s’attachèrent à en représenter les manifestations.

Ainsi, dans sa manifestation graphique, le Dao est représenté par le cercle et se divise en deux expressions inverses, représentant les deux grandes forces de l’univers, dans une complémentarité et un équilibre parfaits. Le Yin, « négatif », et le Yang, « positif ». De la tension dynamique entre le Yin et le Yang né le Qi, l’énergie et la substance de tout ce qui existe au sein du Dao, de ce qui s’y meut et s’y transforme. La loi réglant toutes ces transformations est la loi du Dao.

Il serait par contre réducteur de penser qu’un pôle ne puisse être que négatif ou positif. Ce principe, loin d’être construit sur l’altérité, au sens manichéen du terme, repose avant tout sur la notion d’inter-dépendance. Forces Yin et Yang n’existent pas l’une sans l’autre et se complètent mutuellement. Ces forces « opposées » ne sont en fait que le principe d’une seule et même réalité. L’équilibre dans lequel elles évoluent relève d’une parfaite harmonie, non d’une lutte réductrice.

Ainsi dans le Dao, le Yin prend-il sa source dans le Yang, et inversement : c’est l’Unité qui engendre la Dualité. C’est pourquoi l’on distingue un point noir dans la la zone blanche et un point blanc, dans la noire. Chaque force croît jusqu’à son apogée, puis décline. Au fur et à mesure de ce « déclin », se révèle la force opposée. D’un simple point, elle croît jusqu’à l’extrême, où germe la force inverse. Et ainsi de suite, jusqu’à l’infini.